Le Règne animal s’inscrit dans un cinéma de genre français assez rare, ambitieux et clairement à part. L’idée de départ est forte : dans un futur proche, certains humains mutent progressivement vers des formes animales, bouleversant l’ordre social. Romain Duris incarne un père confronté à la transformation de sa femme, puis à celle, plus inquiétante encore, de son fils. Pris entre l’amour, la peur et la survie, il lutte autant contre la maladie que contre une société qui cherche à éradiquer ou à traquer ces nouveaux êtres.
Le film séduit par son originalité et son atmosphère. La mise en scène est soignée, les effets spéciaux discrets mais crédibles, et l’approche reste très humaine malgré le fantastique. La métaphore est évidente : celle du rejet, de la peur de l’autre, du racisme et de la différence. Romain Duris est juste, tout en retenue, et porte le film sur ses épaules.
Mais à force de privilégier l’ambiance et le symbolisme, le récit finit par s’essouffler. L’histoire avance peu, se répète, et le propos devient trop appuyé sans réellement se renouveler. Là où le film aurait pu gagner en tension ou en enjeux, il semble tourner en rond, jusqu’à une fin qui laisse un sentiment de décrochage plus que d’accomplissement.
Un film audacieux, sincère et différent, avec de réelles qualités artistiques, mais qui peine à maintenir son élan sur la durée. Original et touchant par moments, frustrant sur la longueur.