AVIS FINAL SUR TOUTE LA SERIE
Le Transperceneige arrive bientôt chez vous. Enfin plus exactement sur les rails. Préparez votre billet et vérifier qu’il soit bien valable. Aucun terminus. Juste une place pour votre survie.
La série Snowpiercer est basé sur le film du même-nom (de Bong Joon-ho ; 2013), elle-même une adaptation de la saga de BD « Le Transperceneige » créé par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette paru dans un intégral en 1984.
Note : La 4ème saison existe belle et bien après être diffusée outre-Atlantique via AMC+ durant l’été 2024. Accessible un jour (j’espère) sur Netflix comme les saisons précédentes mais visionnée via Crave (doublée en français au Québec) grâce à un VPN.
Le Transperceneige, quel périple ! Déjà retranscris en film puis sur du long terme (mai 2020 à septembre 2024) sous format série. Dire qu’une BD française à fait craquer des milliers de spectateurs. Quel plaisir – parenthèse : allez lire ces BD car elles explorent mieux les concepts de cet l’univers de SF – de voir une œuvre francophone rayonner à l’international.
La SNCF est en retard ? Oui, parfois. Les Industries Wilford vous sauveront la vie ! Vous rêvez de passer le reste de votre existence à bord d’un bon vieux TER usé ? Non. Un train de 1001 voitures (et non wagons) remplis de toutes les commodités possibles. Une ville sur les rails avec des « maisons », une école, des cafétérias, la police et même une prison. Quelle parfaite existence ? Ça le serait mais pas dans un monde plongé dans des glaces éternelles. L’histoire de ce train mythique débute dans l’espoir de régler les problèmes du changement climatique – dire que ça ressemble à notre époque – par le déploiement du « CW-7 » (un gaz) afin de reconstituer la couche d’ozone. Résultat ? Pas concluant. La Terre est devenue une prison gelée où vivre à l’extérieur n’est que signe de mort ou de congélation immédiate.
Le Transperceneige est devenu le dernier refuge de l’Humanité dans de mauvaises circonstances. Destiné, au départ, à quelques privilégiés (plus ou moins riches) qui auront le plaisir d’embarquer en 1ère, 2nd ou 3ème classe. Quant aux quelques désespérés qui ont pu entrer dans les voitures de queue : l’enfer les y attends. On les dénommera les « sans-classes ».
C’est le point de départ de cette première saison. Un train divisé en classe sociale où l’ordre règne afin que la motrice perpétuelle continue à tourner pour faire le tour du monde (ce qui équivaut à une année entière). C’est là où un certain Mr. Layton arrive afin de fomenter une révolution. En effet, vivre à l’arrière dans la pénombre et entassé pour survivre grâce à des rations faites de « restes ». On tient
« l’arrière » à bonne distance et on envoie parfois la conciergerie (représenté par Ruth) afin de faire des coups de force et remettre les pendules à l’heure. C’est le cœur de l’intrigue de cette saison. Remonter le train et prendre la place de Mr Wilford, le créateur et conducteur du train. On passera aussi par une enquête qui démontrera que même la gouvernance du train, notamment les ingénieurs (Javier, Mélanie, Beneth) et le personnel (Ruth, Roche, Till & Osweiller) ne contrôlent pas tout ce petit monde vraiment à la baguette ! Marché noir, drogue (le « crénol »), sexe (au « wagon de nuit ») sont les vraies manœuvres qui se passent en coulisses. Outre, le mini bémol de l’épisode pilote à mon sens
(la révélation que Wilford n’est pas dans le train et que quelques personnes autour de Mélanie sont à la tête de cette entreprise ; Pourquoi n’avoir pas fait durer ce suspens plus longtemps ?)
. C’est une succession de crises qui vont permettre aux « sans-classes » (les voyageurs sans billets) de remonter le train et de découvrir la vraie vie. La nourriture comme avant, le chauffage, les loisirs (bar, concerts, etc …) jusqu’à constater les inégalités entre les voyageurs : des mieux aisés à l’avant jusqu’aux « wagons » bondés de 3ème classe. Actions, bousculades, problèmes techniques vont rythmer cette première saison jusqu’au pacte de coopération des « sans-classes » avec les ingénieurs pour instaurer un semblant de démocratie. Le tableau aurait pu être parfait mais il va falloir être patient et attendre encore 30 épisodes supplémentaires (de 45 mins environ) pour voir le dénouement des voyageurs du Transperceneige.
Saison 2 ! Tchou thcou !!!
Une seconde motrice est là ! La « Belle Alice » (ou « Big Alice », le 2nd train de réserve) arrive en piste pour semer le désordre dans cette nouvelle communauté bien fragile. Le grand ingénieur en chef, Mr Wilford est finalement bien vivant (non comme annoncé par Mélanie lors des conflits en 1ère lors de la saison 1)
. Il arrime son train à l’autre et va se passer un genre de « guerre froide » entre les 2 « locos ». Fruits et légumes contre bogies et pièces techniques pour réparer un train pas si éternel que ça (bon même si le réseau ferré international a tenu bon pendant 6 révolutions – ou années – sans passage des techniciens de SNCF Réseau). Le destin des 4000 âmes est en jeu. Entre les pro-Wilford qui veulent de lui comme chef suprême et les citoyens qui sont déçus par Layton, celui-ci a dû instaurer la Loi martiale. Beau tour de passe-passe des scénaristes avec ce « come-back » surprise. Galvanisés par certains et méprisés par d’autres, Mr Wilford entouré de la fille de Mélanie (Alexandra supposée morte durant le grand gel) va jouer de tout son charme et son esprit affuté pour reprendre possession pleine et entière de ses trains. Les siens. Ses enfants, ses bijoux (initialement créer par Mélanie). La « passation de pouvoir » va mal se passer jusqu’à que les 2 camps restent sur leurs positions. De son côté, Mélanie sort du Transperceneige afin de mener des relevés scientifiques sur un possible réchauffement planétaire.
Bam. 3ème saison ! Enfin un aperçu de l’extérieur et des terres gelées. Layton gère la jeune démocratie et les problèmes internes tandis que les ingénieurs vont essayer de décrypter les prétendues changements climatiques (d’après les données de l’ingénieur Cavill). Certaines régions du monde se réchauffent. Comment ? Mystère…
C’est l’heure de la préparation et du choix pour les nouveaux citoyens (ou « prisonniers ») du Transperceneige et de la « Belle Alice ». Quitter leur foyer pour espèrer vivre à l’extérieur au Nouvelle Éden OU rester à bord ?
C’est un tournant majeur de la série qui s’impose en fin de saison. 2 visions du futur antagonistes sous fond d’opposition entre
Mr Wilford et Layton. On découvre aussi une survivante dans un mini-train automatique qui nous permet d’espérer que les légendes autour du Nouvelle Éden soient vraies.
Prêt à patienter ? Alors ne lisez pas la suite. Spoilers assez larges sur la 4ème saison. Priez pour que Netflix diffuse prochainement cette ultime saison.
Soit loué que le Nouvelle Éden soit un vrai paradis. C’est le renouveau de la civilisation. Des bouts de train en guise de serres hors-sol pour la nourriture, des lieux de vie ou des dortoirs. Un confort minimaliste mais une vraie bouffée d’air frais pour tous les survivants. Vivre à l’extérieur sous 6 ou 5°C est déjà un bel exploit même si la production d’électricité reste difficile et que le contact avec le reste de l’humanité (resté sur le Transperceneige avec aux commandes Mélanie et Beneth) n’est pas concluant. Quel revirement avec la rencontre d’autres survivants dans des conditions brutales. C’est là que l’Amiral Millius arrive comme le grand « messie et sauveur » du Monde. Vivant comme des rats à l’intérieur d’une base militaire (sous-terre dans un silo) près de Djibouti (en Afrique). C’est la grande surprise de la fin de cette série. Des scientifiques dirigés par le Dr Nima avec comme but d’éliminer le « CW-7 » avec leur nouveau composé nommé « Gimini ». Coups d’éclats, force, mensonges, esclavage vont être les méthodes de l’Amiral pour mettre la main sur les 2 motrices afin de les modifier dans l’objectif de retrouver des conditions de vie habitable partout à travers la Terre. C’est repartie pour une nouvelle révolte (encore poussée par Layton non sans volonté de revoir sa fille, Liana, née courant saison 2 d’une liaison avec Zarah). Retour assez cocasse de Mr Wilford (éjecté dans un mini-train en cours de saison 3) autour de l’Amiral Millius et de ses troupes (mention spéciale à la brigade d’élite : « les Rats »). Finalement, Lima est bien le créateur de trous d’airs chauds instables un peu partout sur Terre (exemple : le Nouvelle Éden repéré précédemment) mais aussi un terrible bourreau pourchassé par son erreur : la mort de la vie sur Terre avec la création et le déploiement du « CW-7 ». Beau twist. Pas mal mais un peu « too mutch ». On se retrouve donc avec une guérilla finale et un envoi, heureusement, raté de « Gemini » dans l’atmosphère pour retrouver quasiment tous les personnages libres et heureux au Nouvelle Éden. C’est le réel point d’orgue de la série. La vie va reprendre comme on le constate avec le dernier plan montrant des fleurs bleues poussées autour des montagnes enneigées (beau clin d’œil à la fin de dernière BD nommée Terminus comme le nom de cette ultime épisode).
4/5. Une belle note mais qui ne doit pas occulté les défauts. Les 3 premières saisons sont assez
« identiques ». On essayer de raccrocher les wagons pour enivrer le spectateur à tour de moments de suspens, de « come-back », de révolutions. On a l’impression, surtout avec l’arrivée des forces armées de l’Amiral Milius en saison 4, qu’on essaye de ne pas arriver à quai aisément. Bon soit, c’est ainsi et l’on peut bien comprendre que remonter 1001 voitures à 2 reprises ne soit pas tâche facile. Finalement, qu’est-ce que c’est bon de voir qu’on peut tenir en haleine devant quasiment 40 épisodes entiers à bord d’un train. On est oppressé, tendus et on se rend compte encore plus dans ces conditions des inégalités. Vos billets ou direction les « dortoirs » (une sorte de prison). Les changements de direction et de position des personnages ainsi que leurs développements sont réellement appréciables au fil des saisons. Je parle de Layton évidement mais aussi de Mélanie (de leadeuse tyrannique à mère aimante) jusqu’à Till qui passe d’instrument du régime à révolutionnaire. On ne peut oublier aussi le sacrifice de Beneth (saison 4) pour sauver la « Belle Alice » des griffes des plans du Dr Nima. Une histoire longue mais humaine avec comme vœux : vivre et préserver l’humanité. Côté doublage VF, rien à redire. Ça colle bien aux tons des acteurs. Du point de vue VFX, les quelques scènes en images de synthèse (environ 10 mins max par saison) hors des trains sont appréciables sans réelle grande qualité. Y a de l’action, des émotions, des moments de doute, du sang et des larmes. La série Snowpiercer reprends bien les idées et les codes du film mais pousse le scénario loin des rails déjà tracés avant lui. Une nouvelle adaptation que j’ai eu du mal à quitter après 4 années de suivi depuis mai 2020. J’ai aimé le voyage au fil des étendus glacés, les amours interdits, les problèmes techniques, la peur de mourir congelé dehors mais aussi la volonté d’un petit groupe d’individus à s’unir désespérément afin de renverser le cours de l’histoire.
Snowpiecer (en 40 épisodes et 4 saisons) est à retrouver en intégralité et uniquement sur Netlifx en France (même si la 4ème saison n’est pas encore arrivée dans leur catalogue à ce jour).