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    Le cinéma français vu par...
    15 janv. 2002 à 18:00

    Le 4e Rendez-vous européen du cinéma français a réuni près de 400 professionnels européens. Certains d'entre eux nous parlent du cinéma français.

    La machine est désormais bien rôdée. Tous les ans, Unifrance, organisme chargé de la promotion du cinéma français, organise un Rendez-vous (du 11 au 15 janvier cette année) destiné aux distributeurs, acheteurs de télévision et journalistes européens et québécois. "En général, Unifrance agit de loin en se déplaçant dans de nombreux pays. C'est en travaillant avec un de nos marchés principaux, l'Allemagne, que nous avons eu l'idée d'organiser une rencontre à Paris. Si, par exemple, un acheteur de Hambourg doit se déplacer à Munich, autant qu'il aille à Paris. Notre grande question était : est-ce qu'acheteurs et journalistes vont venir ? Janvier est un mois fragile, proche du Festival de Berlin. Mais près de 400 personnes se sont déplacées cette année", a expliqué, lundi soir à la réception donnée à l'Hôtel de ville, Daniel Toscan du Plantier, président d'Unifrance.

    Dans la salle de réception, des distributeurs scandinaves discutaient avec des acheteurs italiens tandis que des journalistes russes parlaient des films qu'ils avaient aimés. Les artistes français, qui se sont pliés aux press-junkets (entretiens à la chaîne minutés) avec les journalistes européens, étaient venus nombreux à cette réception de clôture. Philippe Harel, Nathalie Baye, Isild Le Besco, Benoît Magimel, Bertrand Bonello, Patrice Chéreau ou encore Pascal Greggory étaient présents.

    Comment les journalistes et acheteurs étrangers voient-ils le cinéma français ? Comment les artistes français ont-ils vécu ce marathon promotionnel ? Certains d'entre eux nous ont confié leur sentiment :

    Miloslav Scepka, journaliste slovaque au Dennik Praca :

    C'est la première année que je viens. Je suis resté pendant toute la durée de ces rencontres, du 11 au 15 janvier, et j'ai vu trois films par jour en moyenne. C'est une grande opportunité pour moi de voir les films présentés ici.

    Seuls deux ou trois films par an sont produits par la Slovaquie. Nous sommes submergés de films américains. Mais les Slovaques veulent des films sur leurs problèmes, sur la vie quotidienne or ils ne trouvent pas cela dans les fictions hollywoodiennes. Environ une quinzaine de films français sont sortis l'année passée en Slovaquie dont Le Pacte des loups, Les Visiteurs en Amérique ou encore Vidocq. Le cinéma français plaît.

    Ici, à Paris, j'ai pu interviewer Benoît Magimel pendant près d'une heure et Michael Haneke pour La Pianiste qui sort actuellement en Slovaquie. J'ai également beaucoup aimé Roberto Succo.

    Bertil Sandgren, distributeur suédois à Sandre Metronome (qui distribue des films dans les pays scandinaves) :

    Je viens depuis quatre ans, date à laquelle ces rencontres ont été mises en place. J'ai vu environ quatre films par jour. Ces rendez-vous sont très importants car ils me permettent d'avoir une très bonne vision de la production française actuelle. En Scandinavie, il n'est pas facile pour le cinéma français de se faire une place. En Suède, environ une vingtaine de films français sortent chaque année. Astérix et Obélix contre César ou encore Sous le sable ont bien fonctionné.

    Mes critères d'achat sont variables : un film peut être bon mais cela ne garantit pas qu'il marchera. Les Scandinaves aiment une certaine originalité : ils sont très attachés au scénario. Parmi les films que j'ai vu ici, je pense que Loin pourrait marcher en Scandinavie.

    Vania Traxler, distributrice italienne à Traxler :

    Ma société est spécialisée dans la distribution de films français. Nous achetions quand personne n'achetait. Nous avons distribué Mon oncle d'Amérique, Un coeur en hiver, des films de Claude Chabrol...

    Je trouve que, cette année, mes relations avec les producteurs français sont meilleures. Je suis d'ailleurs surtout venue ici pour les rencontrer car je connais la plupart des films qui ont été projetés pendant ces rencontres.

    Environ une dizaine de films français sortent chaque année en Italie. Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain sortira ces prochains jours. Actuellement, c'est Un crime au paradis qui est à l'affiche mais ce film ne marche pas très bien.

    Alexander Kovlich, journaliste russe à Première-Russie :

    Je viens pour la seconde année consécutive et je suis très satisfait car j'ai pu faire beaucoup d'interviews. J'ai rencontré Benoît Magimel pour Nid de guêpes qui sort cet été en Russie, Laurent Cantet pour L' Emploi du temps ainsi que Patrice Leconte et Laetitia Casta pour Rue des Plaisirs. Mais le meilleur film que j'ai vu c'est 8 femmes. Je ne suis allé qu'à quatre projections car j'avais déjà pu voir des films français en décembre lors du Festival Unifrance à Moscou.

    Actuellement, les Russes peuvent voir Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, La Pianiste, Vidocq ou encore Le Pacte des loups. Les spectateurs sont fatigués par le cinéma américain.

    Eric Berger, acteur français venu faire la promotion de Tanguy :

    Ces rencontres se passent un peu comme lors des tournées en province : un journaliste toutes les 20 minutes ou toutes les heures. J'ai senti un vif intérêt pour Tanguy. Les questions étaient même plus précises qu'avec les journalistes français. Très peu m'ont demandé quelles étaient mes relations avec Sabine Azéma, André Dussollier et Etienne Chatiliez, ils m'ont plutôt interrogé sur le phénomène de société dont parle Tanguy.

    Par contre, j'ai tout de même eu droit à chaque fois à la même question : "est-ce que, vous, vous vivez encore chez vos parents ?".

    Kurt Wellejus, distributeur danois à Scanbox :

    Je viens pour la seconde fois et les films que j'ai vu m'ont déçu. Je n'ai pas envie d'en acheter. Je n'ai pas aimé Rue des plaisirs, Gangsters et la fin de Tanguy m'a déçu. Ma société a distribué Taxi 1 et 2 et nous venons d'acheter Vidocq et Yamakasi.

    Le public est friand de films avec des grandes stars françaises comme Gérard Depardieu et Carole Bouquet. Le casting est un élément important dans le choix des films.

    Jean-Pierre Darroussin, acteur français venu faire la promotion de 15 Août :

    Je suis content car je suis tombé sur des journalistes qui ont aimé le film. Ces rencontres sont bénéfiques car les acteurs n'ont pas forcément l'occasion de rencontrer la presse étrangère. En 2001, je suis simplement allé en Angleterre, en Italie et en Espagne pour La Ville est Tranquille. En plus, ces rendez-vous nous font rencontrer souvent les mêmes personnes ce qui provoque, au fur et à mesure, une reconnaissance de la part des journalistes.

    Torsten Frehse, distributeur allemand à Neue Visionen Filmverleih :

    Je viens pour la première année et j'ai vu treize films dont deux qui m'ont beaucoup plu : Inch'allah dimanche et Absolument Fabuleux. Je pense distribuer un film mais je ne peux pas encore en parler. Ces rencontres sont positives : je suis content de voir les producteurs avant la Berlinale.

    Quand je suis à Paris, je suis très attentif aux moindres détails : l'affichage dans les cinémas, les horaires de projection. Je regarde comment le public accueille les films qui sortiront par la suite en Allemagne.

    L'atout du cinéma français est sa multiplicité : il a plusieurs facettes ce que n'a pas vraiment le cinéma allemand.

    Propos recueillis par Marie-Claude Harrer
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