Il reste toujours des classiques des années 80, 90 et 2000 que je n’ai pas regardés : la liste s’amenuise mais il en reste…et il restait notamment celui-ci, et c’est un véritable chef d’oeuvre. Tiré d’un (grand) roman de James Ellroy, ‘. Confidential déploie une scénario tortueux mais d’une parfaite lisibilité pour plonger le spectateur dans le Los Angeles glamour et corrompu de l’aube des années 50. Je ne sais pas si l’esthétique des films des années 90 me manquait, du moins la manière dont cette décennie s’appropriait le Film Noir, d’ailleurs très rarement dans son jus d’époque (un rapide balayage web m’indique que ‘. Confidential’ fut l’une des rares tentatives des années 90 de reproduire le polar des années 40, pourtant son biotope d’origine)...d’autant plus que Curtis Hanson n’est pas spécialement un cador de la caméra (il n’a d’ailleurs plus rien fait depuis ‘8 Miles’)...mais ça faisait longtemps qu’un film ne m’avait pas séduit, et par son récit, et par son atmosphère, et par ses interprétations. Remercions Ellroy et ses adaptateurs pour le premier. Remercions ce réalisateur oublié qui a su faire revivre cette capitale de la vanité et des ambitions brisées telle qu’elle était au sortir de la guerre, eldorado du divertissement néanmoins pourrie jusqu’à la moëlle pour ceux qui en parcouraient l’envers du décor. Et remercions tout ce casting prestigieux, dont on aurait du mal à réunir l’équivalent aujourd’hui dans autre chose qu’une Marvellerie chorale : l’intensité du Russel Crowe pré-Gladiator, l’insaisissabilité de Guy Pearce qu’on devrait admirer et pourtant qu’on méprise, la suavité condescendante de Kevin Spacey - la seule vraie star du lot en 1997 - sans oublier Kim Basinger en femme fatale sosie de Veronika Lake, James Cromwell toujours aussi capable d’aller aux extrêmes opposés sans ciller et Danny DeVito tout en rondeurs cauteleuses. On n’a pas affaire à la geste mafieuse scorcesienne, décor et époque sont trop différents, sans parler du style et de l’état d’esprit, et peut-être est-ce la rareté des propositions qui privilégient cet ancrage historique et géographique, sans parler de mon enthousiasme personnel pour ces années-là, qui me donnent l’impression que ‘. Confidential’ se situe tellement au-dessus du lot…mais je ne crois pas que ce soit le cas , je sais reconnaître un excellent film quand j’en vois un : en cherchant des oeuvres similaires, je ne me suis souvenu que de deux oeuvre proches, distants de trente ans, que j’apprécie beaucoup mais que je trouve désormais inférieurs à ‘. Confidential’ : ‘Chinatown’ de Polanski en 74 et ‘Le Dahlia Noir’ - tiens, toujours James Ellroy - de Brian de Palma en 2006, rien que ça !