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Un visiteur
4,0
Publiée le 15 septembre 2008
Il est intéressant d'écrire la critique de ce film 4 mois après l'avoir vu. Il y a une sorte de maturation du film dans la mémoire. Ce film est une bombe d'émotions puissantes: certaines images peuvent hanter longtemps qu'elles soient belles ou particulièrement cruelles (telle la haine froide, tranchante et magnifique qui anime la soeur). Avec le recul, il s'agit pour l'instant du meilleur film français de l'année. Il n'a qu'un vrai défaut mais quel défaut! Il est bordélique: certaines informations essentielles qu'il s'agisse d'images, de sentiments ou simplement du fil du récit, sont distillées parmi d'autres sans le moindre intérêt si ce n'est celui de la pose auteuriste. C'est dommage mais pas rédhibitoire pour celui qui veut faire l'effort. Il y a bien 30 minutes à élaguer mais ce qui reste c'est la puissance de la direction d'acteurs de Desplechin. Incroyablement supérieure à celle d'un Christophe Honoré par exemple. Anne Consigny est fascinante, Amalric, impeccable comme toujours, et, le plus étonnant, Chiara Mastroianni y est mer-veil-leuse!
Un film surprenant, original et mélancolique, où Arnaud Desplechin parvient à éoquer des thèmes d'une grande gravité (deuil, mort, maternité) dans une ambiance indescriptible, faite de brics et de brocs, de personnages sonnés et de mères perdues au milieu de toute cette tribu improbable, qui parle comme dans un roman du dix-neuvième siècle. L'histoire? Finalement, cette intrigue ne sert qu'à tenir l'ensemble, à réunir toutes ces âmes cassées, dont aucune ne s'est remis d'un funeste jour où l'un deux les a quittés. Mais l'intrigue n'est pas gadget car Desplechin, virtuose de la caméra et de la narration, nous emporte dans un tourbillon d'émotions adultes et exigeantes peignant sans interruption et avec une énergie incroyable un portrait sans concession des Vuillard, famille bourgeoise du nord qui semble complètement détaché du monde qui les entoure (le père teinturier erre comme un fantôme, Ivan n'est qu'une ombre futile, Henri, Elizabeth et Junon des pêcheurs en quête de rédemption). La toile de fond religieuse donne un caractère mystique à cette famille formidable et fabuleuse, où le sang devient un enjeu de vie et où les intervenants extérieurs (Fonia, prénom sûrement mal épelé, comme elle est mal assortie aux Vuillard; Chiara Mastroianni, sublime en femme bousculée) se perdent dans les méandres d'énigmes qui ne se résoudront pas. Ambition démesurée et feuilletonesque; "Un Conte de Noël" est un film total, une oeuvre magistrale.
Une expérience pénible. Mon dieu que ce film est long, surtout que l'on s'ennuie de bout en bout. Ca parle, çà parle, çà parle ... mais on ne comprends rien, en supposant qu'il y ait quelquechose à comprendre. Pendant 2h30, on nous montre une famille déchirée (pourquoi ?) à noel : des coups de gueule (pourquoi ?), des larmes (pourquoi ?), des haines (pourquoi ?) et des rires (ah non). Autour de cela, on greffe (désolé pour le jeu de mots), une histoire de greffe, mais qui apparemment pose problème (pourquoi ?). En conclusion, un film sans aucun intérêt, à réserver à une certaine élite du cinéma. Tant qu'à regarder des histoires de famille à noel, regarder celles que vous avez filmé avec votre propre camescope.
C'est avec beaucoup d'espoir que je suis allé voir ce film après avoir lu des critiques unanimes saluant l'un des plus grands films français depuis une éternité. Certes, Amalric est génial ( comme d'hab), mais Un Conte de Noel n'a rien du chef d'oeuvre annoncé. A voir tout de même.
La performance des acteur est vraiment bonne, le scénario a quelques petite failles, à moins que ce soit le montage qui donne cet effet là, mais l'histoire pourrait être un peu plus claire. Si non, ça reste un très beau film que je recommande.
Quel film ! Le temps est passé à une vitesse vertigineuse tant on est attentif à chaque comportement et à chaque parole des personnages. Ils sont tous très complexes et l’interprétation des acteurs est excellente. Mathieu Amalric m’a vraiment impressionné. C’est lui qui mène la petite touche d’humour second-degré tout au long du film. Les dialogues sont surprenants et provocants. Rien n’est caché, tout est dit. C’est un film très subtil sur le plan psychologique (les relations sont remaniées : la mère n’aime pas son fils et le père aime ses enfants : rôles inversés). Le jeu des acteurs est beaucoup basé sur des sous-entendus que l'ont perçoit grâce à leur regard. Un film que j’aimerais revoir très vite.
Un conte de Noel est en effet un film profond, amusant, virtuose, émouvant, captivant, bref, une Palme d'Or en puissance. Premier point : les acteurs. Amalric est absolument prodigieux. Il signe une performance époustouflante, tour à tour cabot, insupportable, séduisant, inquiétant. Il dégage une vitalité quasi sur-humaine : qu'il tombe face contre terre, qu'il se shoote au cocktail médocs alcool, qu'il subisse une ponction lombaire, il se relève toujours alors que les autres le croient mort (et sa soeur en particulier). Force de la nature, ou force de l'imaginaire desplechinesque plutôt, toujours prêt à désescalader les murs de brique. Toute la distribution est à l'avenant : Catherine Deneuve, comme un sphynx, et surtout son mari (Jean Paul Roussillon), adorable. Chiara Mastroianni, pleine de sensualité. Anne Consigny comme une vitalité à l'envers, un trou noir qui absorbe tout sentiment, toute joie. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu une distribution aussi éblouissante (et j'oublie Emmanuelle Devos, craquante en juive imperturbable au milieu de ce joyeux bordel). Et Melvil Poupaud, transparent et tellement commun qu'il en devient attendrissant.
Deuxième point : un scénario magnifique. Une intrigue au départ assez simple (une soeur bannit son frère, puis ce frère s'avère un donneur de moelle osseuse potentiel susceptible de sauver la mère) vite ramifiée, puis débordée par d'autres intrigues, petites, grandes, sauvages ou tristes. Le tout est foisonnant de vie, bruissant de cinéma.
Troisième point : une mise en scène à montrer dans toutes les écoles de cinéma. Inventive, percutante, inspirée. Les personnages qui s'adressent à la caméra, le diaphragme qui isole une partie de l'image, les cadrages inhabituels, le théâtre d'ombre, etc... on n'en finirait pas d'énumérer les preuves de virtuosité, mais cette virtuosité n'est pas gratuite, et ... la suite sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Enivrant... Juste une remarque: pourquoi, très souvent, dans les films français, tous les personnages sont-ils antipathiques? Dans "Un conte de Noël", y'a vraiment personne d'attachant... Mais c'est pas grave, parce que la mise en scène est sublimement envoûtante et les thématiques abordées le sont de manière percutante et profonde. Ceci dit, je ne souhaite à personne une famille pareille!
Je dois avouer que je n'ai pas tout compris, toutes ces références mythologique, les similitudes biographiques avec Thoreau et Emerson. Néanmoins, ce n'était pas nécessaire, tant tout, et je dis bien tout, est parfait : direction d'acteurs (géniaux), histoires entrecroisées, non-dits, second degré indéniable... Un véritable film de Cinéma. On sent, même sans comprendre, que quelque chose d'éminemment puissant défile sous nos yeux, à la fois dense et profond, certainement intellectuel mais que l'on peut savourer sans le savoir.
L'exigence est la marque de fabrique de Desplechin, envers lui-même, c'est la moindre des choses, mais aussi vis à vis des spectateurs. Sur ce plan là, Un conte de Noël est son film le plus impressionnant, brillant (trop ?) de mille feux dans une complexe histoire de famille déstructurée par une narration d'une intelligence rare. La greffe a parfois du mal à prendre tellement le cinéaste tord son intrigue dans tous les sens pour en extraire la substantifique moelle. On se rattrape comme on peut aux performances des comédiens, sobres et magnifiques de Deneuve à Amalric en passant par Consigny et Mastroianni. Du haut de gamme donc, qui peut laisser sur le quai mais sûrement pas indifférent.
Ce film est assez bizarre, il n'ya pas de dispute alors qu'il y a des problèmes entre eux, l'histoire n'est, a mes yeux, pas abouti. Malgré tout les acteurs sont très bons.
Une expérience pénible. Plus de deux affreuses heures où l'on ne cesse de s'interroger: mais de quoi peut bien parler ce film ? que signifient les dialogues ? que se passe-t-il au juste ? à qui le film s'adresse-t-il finalement ? Un véritable mystère donc, hermétique et élitiste. Une totale incompréhension de ma part (une autre interrogation, pourquoi Anne Consigny appelle-t-elle son frère mort il y a 30 ans, seule dans une maison vide ? qu'est-ce qu'elle a à pleurnicher sans arrêts ?) plus qu'exaspérante. In-su-ppor-table.
Film pseudo intello!déjà avec Roi et reines,j'avais été trés agacé par desplechin,mais là sa façon de vouloir analyser une famille est tout bonnement tordue,incomprehensible.La façon qu'il a de rajouter des details visuels,images sans sens,ou alors uis pas assez intello pour comprendre,citations compliquées pour donner au film un côte elitiste insupportable.Deneuve,mastroïani,Poupaud,devos s'en sortent remarquablement bien,les autres....
Moi qui avait tant aimé "Roi et Reine" je m'attendais à être époustouflée par ce film dont tout le monde parlait comme d'un chef d'oeuvre...hélas quelle ne fut pas ma déception en voyant ce film. Il a certes beaucoup d'atouts, une très belle construction, originale, des prises de risques dans le choix du sujet, pourtant j'ai trouvé le film long et assez superficiel. les personnages sont monolithiques et manquent de finesse. Anne Consigny en devient insupportable, en revanche Emmanuelle Devos tire son épingle du jeu.
Si ce film est certainement le grand film de Desplechin, il est aussi une des oeuvres françaises les plus passionnantes de ces dernières années. Le don de soi serait-il entre les mains des individualistes et des égocentriques?