Comédie satirique réalisée par Jason Reitman, qui fait ses premiers pas derrière la caméra, Thank You For Smoking est un bon film, même s'il aurait pu être encore meilleur en allant plus loin dans son concept. L'histoire nous fait suivre Nick Naylor, un surdoué de la communication qui travaille pour de lobby de l'industrie du tabac. Pour le bonheur de ses patrons, il est prêt à tout pour redorer l'image de la cigarette. Détesté par de nombreuses personnes, il fait face à des adversaires tenaces qu'il désarme via ses tirades, notamment le sénateur Ortolan K. Finistirre qui souhaite imposer des images sur les paquets de cigarette afin de prévenir que fumer tue, alors que dans le même temps, Nick, doit éduquer son fils dont il partage la garde avec son ex-femme. Ce scénario, adapté du roman du même nom de l'auteur Christopher Buckley, s'avère plaisant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue amorale traitant d'un sujet peu évoqué au cinéma. Et la façon d'en parler est intéressant en prenant le parti de la méchante industrie du tabac qui tente par tous les moyens de conquérir de nouveaux clients alors même que leur produit est nocif, ce dont ils tentent également d'atténuer. Résultat, le récit est réjouissant, même si hélas tout ceci n'est pas assez poussé. En effet, il aurait été possible d'aller beaucoup plus loin dans le cynisme et l'immoralité. En l'état, c'est encore trop gentil et pas assez acide et mordant. Aucune scène vraiment percutante ne se dégage alors qu'on aurait pu s'attendre à des séquences vraiment marquantes vu la thématique. Il en va de même concernant les réunions entre les différents vendeurs de mort comme l'armement et l'alcool qui auraient pu être plus tranchantes. Le ton satirique fonctionne lui bien, tout comme son humour qui provoque quelques rires et sourires tout du long, sans être profondément drôle. L'ensemble est porté par des personnages agréables. Des rôles très bien interprétés par une distribution comportant Aaron Eckhart, Maria Bello, Cameron Bright, William H. Macy, Adam Brody, Sam Elliott, Katie Holmes, J. K. Simons, Robert Duvall ou encore Rob Lowe. Tous ces individus entretiennent des rapports idéologiques antagonistes qui se veulent amusants. Des échanges soutenus par des dialogues bien écrits, même si ceux-ci auraient gagné à être encore plus poussés dans leur rhétorique et leur argumentaire. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain est de bonne facture. Sa mise en scène est assez académique et manque de créativité et de folie, à l'instar du fond. De plus, elle évolue dans des environnements manquant un peu de personnalité. À cela s'ajoute un étalonnage jaunâtre pas très esthétique, même s'il est raccord avec le propos. Ce visuel pas très attirant est accompagné par une bande originale signée Rolfe Kent, dont les compositions sont assez discrètes et anecdotiques. Reste une fin satisfaisante venant mettre un terme à Thank You For Smoking qui, en conclusion, est un long-métrage méritant le coup d'œil, même s'il laisse un arrière goût amer d'une production n'osant pas sauter des deux pieds dans le politiquement incorrect.