Je ne pensais pas que la saison 1 des Simpson, diffusée en 1990, me ferait autant d’effet. En la voyant, j’ai été surpris de constater à quel point l’univers imaginé par Matt Groening, développé avec James L. Brooks et Sam Simon, possède déjà une identité forte. Oui, l’animation est plus rugueuse, les voix moins rodées, et l’ensemble porte encore les traces d’une série qui cherche sa forme. Mais c’est justement ce côté artisanal, presque maladroit, qui m’a touché. On y sent une énergie créative brute, une envie sincère d’installer quelque chose de nouveau.
En attribuant un 4/5 à cette première saison, j’ai voulu saluer son importance et la qualité de ses bases. Ce n’est pas encore la série culte qu’elle deviendra (pas de grands épisodes mythiques au sens moderne du terme) mais tout y est en germe : l’humour légèrement subversif, la satire familiale, et cette capacité à glisser une pointe de tendresse entre deux absurdités. Certains épisodes m’ont fait sourire plus que je ne m’y attendais, justement parce qu’ils sont simples, honnêtes, presque naïfs dans leur façon d’aborder le quotidien de la famille.
Il faut aussi reconnaître que la saison 1 respire une ambiance unique. La ville de Springfield paraît plus sombre, presque étrange parfois, comme si la série hésitait encore entre comédie et chronique sociale. Cette tonalité m’a plu : elle offre une saveur que les saisons ultérieures, plus maitrisées, ont en partie abandonnée. J’ai eu la sensation de découvrir une œuvre qui se cherche, et qui, dans cette recherche, parvient déjà à raconter quelque chose d’universel sur la famille, les défauts humains et la vie de tous les jours.
Bien sûr, je n’irais pas jusqu’à dire que tout est parfait. Certains épisodes s’essoufflent, quelques blagues tombent un peu à plat, et la série n’a pas encore la virtuosité humoristique qui fera sa légende. Mais malgré ces limites, la saison 1 garde un charme indéniable. Elle pose des fondations solides, parfois bancales, mais toujours attachantes. C’est pour cela que, pour moi, elle mérite pleinement ce 4/5 : non pour ce qu’elle est seulement, mais pour ce qu’elle promet déjà.