Marche ou Crève — la télé-réalité de l’enfer sponsorisée par Stephen King
Cent mecs partent marcher, un seul arrive vivant. Le pitch est simple, brutal et franchement excitant sur le papier. T’imagines The Walking Dead sans zombies, juste des types qui marchent jusqu’à ce que mort s’ensuive, sous le regard d’un public aussi bienveillant qu’un forum Twitter. C’est Koh-Lanta si Denis Brogniart était armé d’un fusil à pompe.
Le réal de Hunger Games reprend le flambeau et fait ce qu’il sait faire : des jeunes qui souffrent devant des caméras. Sauf que là, au lieu de tension, t’as une ambiance de marche nordique sous calmants. Ça cause beaucoup, ça marche un peu, et ça recommence. On sent le potentiel monstrueux du roman de King, mais Lawrence filme ça comme une pub pour des chaussures Decathlon.
La marche est censée être un supplice, mais au bout d’une heure, t’as plus mal aux fesses qu’eux. L’angoisse retombe comme un soufflé Weight Watchers. On voulait du désespoir, de la tension, de la folie humaine. On a eu des ados qui philosophent entre deux ampoules aux pieds. Même les mecs de Squid Game avaient plus de panache.
Cooper Hoffman est bon, David Jonsson aussi, mais à force de les voir se confier sur leur enfance traumatisée entre deux kilomètres, t’as l’impression d’être coincé dans une cellule de psychanalyse ambulante. À un moment, tu veux juste qu’un hélico vienne mitrailler tout le monde pour relancer un peu la dynamique. Le film veut être profond, mais il a la profondeur d’un pédiluve.
L’univers est censé être oppressant, totalitaire, cruel… mais on dirait plus un bootcamp organisé par France Télévisions. Pas de réel malaise, pas de chaos, pas d’odeur de mort. On sent la métaphore sociale, mais elle manque de tripes, de sueur et de sang. Et bordel, un film où tout le monde meurt en marchant, ça devrait te coller la nausée, pas te donner envie d’aller faire un footing.
Marche ou Crève aurait dû être un uppercut nihiliste, une descente dans la folie collective. À la place, c’est une promenade de santé filmée comme une épreuve de Fort Boyard sans Passe-Partout. Pas honteux, juste tiède, et dans l’horreur, la tiédeur, c’est le pire péché. On voulait la mort lente et poétique. On a eu un 10 km chronométré sponsorisé par Nike.
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