Benedetta est l'un des films que j'attendais le plus, on en parlait depuis 2017 si je ne m'abuse. Ben ouais un film de Paul Verhoeven dont j'avais adoré le film précédent, avec des bonnes sœurs lesbiennes dans un couvent, je devais être au paradis !
Et... à l'arrivée j'ai l'impression que ça aurait pu durer une heure de plus pour développer les personnages, les intrigues politiques (et les scènes de sexe bien évidemment...) En gros je suis resté sur ma faim.
En fait ce que j'ai vraiment adoré dans le film c'est que tout est ambigüe, rien n'est clair, tout est sujet à interprétation. C'est clairement la force du film, réussir à faire passer des choses parfois totalement ridicule comme les visions christiques de Benedetta, comme totalement ambigüe. C'est du lard ou du cochon ? Et même la personnalité de Benedetta reste trouble du début à la fin, on ne sait pas bien qui est elle, si elle est sérieuse ou si elle manipule son monde. Il y a des indices qui vont dans les deux sens. Ce qui fait qu'on ressort du film simplement perdu. Qu'est-ce-qu'on a vu ? L'histoire d'une folle ? d'une sainte ? d'une diablesse ? d'une manipulatrice ?
Disons que je m'attendais à une fin enchaînant les coups de théâtre un peu comme Mademoiselle de Park Chan-wook. La véritable surprise c'est qu'en fait, pas du tout... Laissant encore plus un goût d'inachevé. Paul Verhoeven joue avec nos attentes (et nos nerfs).
Je pense que toute cette ambigüité et le mélange des tons durant tout le film, va faire que le film ne pas du tout être perçu de la même manière par tout le monde. Personnellement j'ai pris le tout avec assez de légèreté (plus encore que pour Elle qui m'avait déjà beaucoup fait rire), voir Benedetta lâcher un petit : « Jésus ne m'a rien dit à propos de vous » sans trop qu'on sache comment le prendre, ça m'a bien fait rire pendant trente secondes. Et de façon générale, tout le film semble emprunt d'un humour assez particulier (le côté totalement kitch des visions allant dans ce sens).
On voit le côté ridicule du mariage avec Jésus (qui a des vrais harems d'épouses dévouées) et comme on pouvait s'en douter avec Verhoeven, il joue avec le désir sexuelle des bonnes sœurs avec le Christ. Je ne dirais pas que le film est original sur ce dernier aspect, mais difficile de ne pas sourire lors des fantasmes de l'héroïne.
Mais à côté de ça on a des moments plus dramatiques, plus intenses où le premier degré ne fait aucun doute, ce qui permet de toujours rester investi dans cette histoire et ses personnages. Je pense notamment au personnage de l'excellente Louise Chevillotte. De manière générale les acteurs sont tous très bons, même si je pense que chacun des personnages aurait mérité plus de temps à l'écran pour développer leurs intrigues et leur personnalité. Tout va beaucoup trop vite, que ça soit le procès, les expérimentations sexuelles, le temps passé au couvent... Alors les éléments sont là, l'histoire se tient, mais rien n'a vraiment le temps d'être approfondi. Et si rien n'est approfondi, ça rend le film plus superficiel qu'il n'aurait pu/du l'être.
Après je n'ai clairement pas boudé mon plaisir, mais j'en veux plus !!!