BAM ! Moi qui avait proféré des doutes lors de la saison précédente, ce premier épisode de la saison 5 m'a répondu par une grosse baffe qui m'a bien déconstruit la tronche. C'est donc plein d'espoir que je suis parti à l’assaut du reste... et que je suis malheureusement revenu à mon bilan de la saison précédente. Certes, je ne pourrais pas reprocher aux scénaristes de manquer d'originalité et d'assécher cette série par une pénurie de péripétie. Au contraire, je dirai presque que c'est l’inverse. Les péripéties sont tellement nombreuses, les nouvelles situations s'enchaînent à un tel rythme, soit en utilisant les mêmes personnages soit en en incorporant de nouveaux, que je n'ai pu m'empêcher de percevoir cette série comme une vaste « sitcom » en milieu carcéral. Voilà qu'on se penche sur les peines de cœur de Beecher, sur les scrupules de Schillinger, sur les sentiments refoulés d’ O’Reiley... A trop creuser, les personnages ont, me semble-t-il, perdu de leur complexité et de leur pouvoir d'épouvante. De même, l'enchaînement effréné d'intrigues a fini lui aussi par diluer les dynamiques de la série. Finalement, les évènements se succèdent les uns aux autres, sans que les personnages n'évoluent vraiment. Chacun le fait dans son coin, indépendamment des autres, si bien que tout est découpé en micro-évènements auxquels on finit par se désintéresser, faute d'être capable de leur donner un sens. D'ailleurs, les personnages claquent tellement à la pelle et parfois pour des broutilles que personnellement je ne sais plus trop quoi en penser ; pire, je ne sais plus m'en émouvoir. C'est finalement le gros paradoxe de cette série : à avoir joué la carte de l'émotion forte, voilà que la redite et l'accumulation ont fini par créer une sorte d'accoutumance qui fait que plus rien ne ressort. Alors certes, au final le spectacle n'est pas non plus désagréable et l'ennui ne s’installe pas vraiment, mais la magie pour moi s'en est allée, au point que je me dise qu'il y a certainement dans cet "Oz" trois bonnes saisons de trop. Reste la dernière : espérons que son devoir de conclusion saura lui donner plus de relief et conclure cette série notable sur une bonne note.