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    Mort de Jean-Pierre Marielle, acteur à la voix inoubliable
    Par La Rédaction — 24 avr. 2019 à 22:15
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    Le comédien français Jean-Pierre Marielle est décédé ce 24 avril, il avait 87 ans. Ami de Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo ou Philippe Noiret, il avait accompagné de son talent et de sa voix caverneuse incomparable de plus de 120 longs métrages

    Dans "Les Seigneurs" (2012)
    1. Dans "Les Seigneurs" (2012) +

    Le cinéma français perd l'une de ses voix les plus identifiables ! Le comédien Jean-Pierre Marielle est décédé le 24 avril 2019, il avait 87 ans. A l'aise aussi bien dans la comédie que dans le registre dramatique, sa voix profonde et une façon de déclamer ses répliques qui le firent notamment remarquer par les auteurs Bertrand Blier et Michel Audiard.

    Jean-Pierre Marielle se forme au Conservatoire, d'où il sort avec un deuxième prix de comédie. Là-bas, il se lie d'amitié avec Jean-Paul Belmondo et Jean Rochefort. Après quelques apparitions dans des spectacles de la Comédie-Française, il intègre la compagnie Grenier-Hussenot.

    Sur les planches

    Il commence à jouer des petits rôles au cinéma à partir de 1957 (Le Grand Bluff de Patrice Dally; Tous peuvent me tuer d'Henri Decoin). Peu convaincu par son expérience cinématographique, il retourne vers les planches et le cabaret, notamment aux côtés de Guy Bedos. Mais au cours des années soixante, il obtient des rôles de plus en plus consistants pour le grand écran, notamment avec Peau de banane de Marcel Ophuls (1963), où il joue avec son ancien partenaire du Conservatoire Jean-Paul Belmondo. Il le retrouve dans la comédie Dragées au poivre la même année, puis dans le drame Week-end à Zuydcoote (1964) d'Henri Verneuil. A cette époque, Jean-Pierre Marielle joue souvent les éternels seconds, un rien séducteurs, dans des films comme Monnaie de singe (1966) d'Yves Robert ou Le Diable par la queue (1969) de Philippe de Broca.

    Magnifiques seventies

    Les années 70 débutent bien pour le comédien, puisqu'il décroche enfin des premiers rôles importants dans des films très différents : Sex-shop (1972) de Claude Berri et La Valise de Georges Lautner l'année suivante. Marielle apprécie toujours autant la comédie, comme le prouve sa participation à l'un des derniers films de Michel Audiard : Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1974). Souvent partenaire de Philippe Noiret, Marielle joue à ses côtés dans Que la fête commence de Bertrand Tavernier en 1975. L'année suivante, il fait la connaissance d'un cinéaste qu'il retrouve ensuite à plusieurs reprises : Bertrand Blier. Ils tourneront quatre films ensemble : Calmos (1976), Tenue de soirée (1986), Un, deux, trois, soleil (1993) et Les Acteurs (2000).

    Au milieu des années 70, Jean-Pierre Marielle diversifie son jeu et enchaîne avec succès les rôles de composition : un pauvre type dans Les Galettes de Pont-Aven de Joël Seria (1975), un homme pris dans la tourmente d'un triangle amoureux dans Un Moment d'égarement (1977) de Claude Berri. Dans Coup de torchon (1981), il relève le défi que lui lance Bertrand Tavernier et interprète deux frères jumeaux, tenanciers d'une maison close. Après quelques films mineurs, Jean-Pierre Marielle casse la baraque dans Hold-Up (1985) d'Alexandre Arcady, aux côtés de Jean-Paul Belmondo et de Kim Cattrall. Il se tourne ensuite vers un film plus sombre, où il joue un flic désespéré dans Les mois d'avril sont meurtriers de Laurent Heynemann (1987).

    Hauts et bas

    Les années 90 commencent sous de bons auspices avec Uranus de Claude Berri et le succès surprise de Tous les matins du monde (1991) d'Alain Corneau, pour lequel l'acteur est nominé aux César. Il poursuit avec le film qui lui vaudra une seconde nomination : Max et Jérémie (1992) de Claire Devers. Mais Jean-Pierre Marielle essuie par la suite plusieurs échecs publics dans des films de Patrice Leconte (Les Grands Ducs, 1996) et Bertrand Blier (Les Acteurs, 1999). En 2003, il revient au cinéma avec La Petite Lili de Claude Miller avant d'enchaîner des projets aussi divers que le délirant Atomik Circus, le retour de James Bataille (2004) des frères Poiraud ou le drame d'Yves Angelo, Les Ames grises (2005). Il se fait également remarquer aux yeux du monde entier en incarnant le conservateur du musée du Louvre dans la superproduction américaine Da Vinci code (2006) de Ron Howard.

    Présent auprès d'une nouvelle génération

    En 2007, il prête sa célèbre voix, à la fois grave et enjouée, au chef cuisinier Gusteau dans le film d'animation des Studios Pixar, Ratatouille, avant de tenir le haut de l'affiche de la comédie Faut que ça danse ! de Noémie Lvovsky aux côtés de Valeria Bruni Tedeschi et de Sabine Azéma. En 2008, il remporte le prix Lumière pour l'ensemble de sa carrière. Cependant, cette reconnaissance est loin de lui donner envie de prendre sa retraite ! Après quelques passages dans des docu-fictions à la télévision (Livrez-nous Grynszpan, Darwin (r)évolution), Marielle revient au cinéma dans l'univers enchanté de Micmacs à tire-larigot (2009) de Jean-Pierre Jeunet. Puis il explore le monde étrange de Jean-Teddy Filippe le temps du film Le Mystère au casting éclectique : Carole Bouquet, Alexandra Lamy et André Dussollier.

    Mais la comédie n'est jamais très loin dans le parcours de l'acteur. C'est ce qu'il démontre à nouveau avec son rôle dans Pièce montée (2010), où une famille bourgeoise se dit ses quatre vérités pendant le mariage de Clémence Poésy et de Jérémie Renier. C'est dans un milieu tout à fait différent que l'on retrouve Jean-Pierre Marielle en 2012. Il se retrouve ainsi à aider une équipe de foot bretonne, dont font partie des joueurs confirmés de la comédie comme Omar Sy ou Gad Elmaleh, dans le film Les Seigneurs d'Olivier Dahan.

    Retours ponctuels

    L'acteur s'oriente ensuite du côté du petit écran en apparaissant dans des téléfilms comme Indiscrétions ou Des roses en hiver. Il retourne un peu du côté du 7ème art en 2014 avec la comédie romantique Tu veux ou tu veux pas avec Patrick Bruel et Sophie Marceau. L'année suivante, le natif de Dijon prête sa voix caverneuse pour le film d'animation Phantom Boy avant de retourner vers la petite lucarne pour tourner un épisode de la série policière Capitaine Marleau avec Corinne Masiero. À noter que le comédien a été nommé 7 fois au César du meilleur acteur sans jamais remporter la statuette. Il déclare à ce sujet : "Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola".

    Jean-Pierre Marielle dans "Tous les matins du monde" d'Alain Corneau :

    Tous les matins du monde Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • demencia
      Le cinéma français n'est déjà pas au top , en plus il perd ses meilleurs représentants .Grande époque que tous ces acteurs ( actrices ) intelligents (tes ) , modestes ,sincères , proches du public, qui ne se prenaient pas pour des seigneurs et ne regardaient pas de haut leurs admirateurs , les intermitents , les machinots ...Des gens comme eux , comme lui , n'existent plus dans notre cinoche , il suffit de voir les misères sur toile tous les mercredi , d'entendre certains interwiews ou de lire la presse spécialisée .Merci Mr Marielle .
    • Dr. Von Frosch
      Le Cinéma prend un sacré coup de torchon avec la disparition de l'un de ses derniers grands. Reposez en paix, monsieur Marielle.
    • legion666
      La classe, le talent, le charisme, l'humour, la voix.... bref un grand Monsieur. Reposez en paix Monsieur Marielle vous allez nous manquer....
    • Might Guy
      Je l'aimais bien dans comment réussir... où il accumule les décisions les plus foireuses pour réciter de la poésie avec Jane Birkin qui se désape à côté.Et puis ses comédies avec Annie Girardot, un de Broca (le diable par la queue), et quelques Lautner (la valise, on aura tout vu).RIP.
    • Might Guy
      Il aurait dû jouer dans un Marvel au lieu de mourir?
    • Mr. G
      exactement d'accord avec toi man, malheureusement comme d'autre bon ancien acteur un jour ne seront pu de ce monde, on aura que des nouveaux ridicule acteur qui surjoue le film malheureusement le cinéma dépérit d'année en année.
    • Andre D.
      J'en ai encore des frissons de le revoir dans ces deux grandes merveilles sans age que furent tous les matins du monde et la controverse de Valladollid (TV) . Deux grands moments taillés pour son immense carcasse .Il m'a fait aimer le silence le dépouillement et l'abnégation pour son art (corneau) et la passion de la cause des exploités de l'Espagne (Verhaeghe). On peut d'ailleurs dire qu'avec cette dernière la grande tradition de la dramatique télévisée française à été portée au sommet.Je pense que son pouvoir comique était naturel . Il n'avait même pas besoin de forcer le trait , comme dans cette inoubliable description du métier de vendeur en porte a porte (l'entourloupe).IL fait parti de ceux qui se sont installé a coté de nous au point d'en devenir éternel. Ca fout un coup parce qu'on se l'était approprié.
    • Ripley28
      A cet instant, 27 commentaires sur la mort de Marielle, 4347 sur le film Avenger Endgame sorti hier. Cherchez l'erreur.
    • Sarrus V.
      C'est regrettable
    • clement B.
      Quel Charisme il avait ,et rien que pour cette phrase on l'aimait encore plus!''Il déclare à ce sujet : Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola
    • Loïc B
      Immense acteur, il fait partie de ces comédiens patrimoniaux comme Rochefort, Noiret, Serrault et tant d'autres qui sont partis...poétique, raffiné, cultivé, ayant l'amour et le respect des textes, des auteurs, du public, passant du drame à la comédie. Avec Joël Séria, cinéaste sous-estimé, il a fait 2 chef d'oeuvres Comme la lune, les galettes de Pont-Aven. Tavernier avec Que la fête commence et Coup de torchon, Corneau avec Tous les matins du monde, Blier avec Tenue de soirée, l'énaurme Calmos ou les acteurs, Sautet avec quelques jours avec moi lui ont donné des rôles et des films magnifiques. Leconte avec les grands ducs a réalisé un film-culte, Leconte qui lui donna sa dernière apparition dans une heure de tranquillité aphasique, déjà salement touché par la maladie....il semblait nous dire au revoir, lui qui fut la reine des belges pour le mésestimé Parfum d'Yvonne du même Leconte. Son plus beau rôle au cinéma c'est peut-être les mois d'avril sont meurtriers il émanait de lui une certaine mélancolie dont on percevait qu'elle était aussi celle de l'homme. Grand comédien...Cela me touche autant que la disparition de Rochefort....Un monument français !
    • ConFucAmuS
      Un acteur qui a tellement apporté au cinéma français qu'on se demande comment on va bien pouvoir faire sans lui. Et pourtant, habituellement, je ne crois pas à ce genre de raisonnement. Mais Jean-Pierre Marielle avait cette présence qui te rappelle qu'un seul acteur peut parfois mieux occuper l'espace et le temps qu'une dizaine dans la même scène. RIP Jean-Pierre Marielle
    • Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
      Très triste nouvelle... RIP.
    • Dumdumboy
      Un vrai coup au moral. Certains nous apportent tellement avec leur Art qu'au moment où ils s'en vont, on a vraiment la sensation de perdre un proche.J'ai eu ça avec Serrault et Rochefort aussi.Au revoir et merci monsieur Marielle.
    • ManoCornuta
      Voila une bien triste nouvelle pour commencer la journée: un grand nous quitte, que j'avais eu l'occasion de croiser sans oser lui adresser la parole, il y a plus de quinze ans maintenant. C'est encore un peu d'une grande époque qui s'efface, après Noiret, Rochefort et quelques autres...
    • F comme Fantomas
      le meilleur de tous ... inégalable !
    • macfoof
      triste
    • Red Sonja
      Notre Sean connery à nous....
    • The Last Action Zero
      C'est un beau petit morceau, hein... Elle vaut bien son coup de chevrotine.
    • The Last Action Zero
      Qu'il s'agisse de rasoirs, de clés de voiture ou de femmes, j'ai tout en double
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